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Irrigation

Malgré l’abondance des précipitations sur la quasi-totalité du territoire, l’irrigation se justifie en raison de la grande irrégularité des précipitations due à une géographie montagneuse et une variété des expositions aux vents maritimes.

La disponibilité en eau dans le pays n’est pas connue avec exactitude en raison de l’absence de données hydrologiques fiables. Selon certaines statistiques disponibles, le potentiel d’irrigation en Haïti se situerait entre 135 000 et 150 000 ha, qui représentent environ 50 % des terres de plaines, lesquelles constituent les zones à fort potentiel agricole du pays. Le reste des surfaces agricoles se trouvent dans les mornes (zones montagneuses). La superficie aménagée est estimée à environ 90 000 ha, et 80 000 ha la surface effectivement irriguée au moyen d’environ 250 systèmes d’irrigation.

Contraintes

Les infrastructures d’irrigation desservant ces superficies ont subi à travers le temps des détériorations successives imputables au manque d’entretien et aux cyclones périodiques. L’exploitation de ces systèmes se heurte en outre à des problèmes de gestion, imputables en grande partie à la faible implication des usagers et l’application d’un montant de redevance d’irrigation couvrant les frais courants. Les raisons du non paiement des redevances sont multiples : mauvaise qualité de service (ouvrages dégradés, tours d’eau non respectés), incompréhension (l’eau est gratuite), manque de confiance dans le comité de gestion, insuffisance d’autorité du comité de gestion etc. Il faut citer également la dégradation des bassins versants entrainant une augmentation du potentiel érosif des crues, l’insuffisance d’investissements et le non respect des normes comme causes majeures de cette détérioration des infrastructures d’irrigation. L’urbanisation accélérée provoque par ailleurs une réduction considérable de l’espace irrigué au niveau de certains périmètres, notamment ceux proches des grandes villes.

Potentialités

En ce qui concerne l’irrigation, les potentialités sont loin d’être efficacement exploitées. La plupart des rivières du pays ne sont pas utilisées à des fins de production. Les eaux souterraines sont à peine exploitées. Il existe des terres de plaine et de colline qui peuvent être irriguées à partir des différentes techniques d’irrigation (gravitaire, goutte à goutte, aspersion).

Analyse et vision stratégique du développement du sous secteur

Le cadre stratégique du développement de l’irrigation se trouve notamment dans la Politique de développement agricole 2010-2025, en cours de finalisation et validation interne, la Stratégie nationale pour la croissance et pour la réduction de la pauvreté 2008-2010, et la Politique nationale d’irrigation en cours de révision par le MARNDR.

L’accès à l’eau d’irrigation et la gestion des Petits périmètres irrigués (PPI) est une des priorités de la Politique de Développement Agricole 2010-2025. Cette politique promulgue la nécessité d’assurer une meilleure maîtrise de l’eau à travers la mise en place des aménagements hydro agricoles moyennant des subventions aux investissements et selon une stratégie prenant en compte à la fois l’infrastructure physique, l’aspect social et institutionnel, et la mise en valeur agricole.

La politique nationale d’irrigation actuelle date de 1997. Elle s’appuie sur trois composantes : les aménagements hydro-agricoles, la gestion sociale de l’eau et la mise en valeur agricole des plaines irriguées. Dans le cadre de la relance de la production agricole nationale, suite aux ouragans qui ont fortement endommagé les systèmes irrigués en 2008, et face à la faiblesse des investissements publics dans l’irrigation, le MARNDR a souhaité renouveler l’approche, en introduisant deux nouvelles composantes :

L’expérience cumulée dans le cadre de l’exécution des projets liés aux investissements hydro agricoles permet de tirer quelques leçons fondamentales : 1) les investissements doivent être conçus avec la participation active des agriculteurs et dans le cadre de plans directeurs de gestion de bassins versants, ce qui est très important car la rentabilité économique devient presque nulle dans plusieurs cas où la dégradation des bassins versants en amont des périmètres n’est pas arrêtée ; 2) des efforts importants et sur une durée suffisante (4 à 5 ans) doivent être consacrés à l’accompagnement et la consolidation des associations d’irrigants, pour pouvoir transférer la gestion de ces périmètres de manière durable et garantir l’entretien des infrastructures ; 3) il est important de coupler la réhabilitation de l’infrastructure d’irrigation à des activités d’appui conseil agricole et de recherche-action participatives, un appui aux services financiers ruraux, l’amélioration de la commercialisation des produits agricoles et l’accès aux intrants et à la promotion des filières à haute valeur ajoutée et à la diversification des revenus et enfin 4) il est important d’intégrer l’approche équité entre les genres.

Description des interventions retenues

Les interventions proposées pour le développement du secteur de l’irrigation en Haïti se divisent en 1) des interventions à court terme, visant à répondre à l’urgence à travers la réparation des infrastructures endommagées par les effets du tremblement de terre dans les périmètres irrigués. Les interventions urgentes visent aussi à la génération d’emplois dans les zones rurales à forte pression migratoire à travers des chantiers à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) et 2) des interventions à moyen et long terme, dont les actions s’inscrivent dans une perspective structurante d’augmentation de la production agricole nationale en conformité avec la Politique de développement agricole 2010-2025.

Les objectifs poursuivis sont : augmenter la productivité et la production des aires irriguées et transférer la gestion aux usagers. Ainsi les responsabilités sont :

Interventions à court terme

Le plan d’action à court terme prévoit les actions suivantes : 1) réhabilitation des petits périmètres irrigués endommagés par le séisme dans les départements de l’Ouest, du Sud-est et des Nippes (ensablement et fissuration des canaux d’irrigation) ; et 2) réhabilitation des infrastructures nécessaires à la production agricole dans les zones de populations déplacées avec création d’emplois par des chantiers à Haute intensité de main d’œuvre (HIMO) (curage des canaux primaires et secondaires, réhabilitation de pistes rurales desservant les périmètres irrigués). Il convient par ailleurs de finaliser et de soumettre au Parlement haïtien (pour vote) le projet de loi organisant le transfert de la gestion des systèmes d’irrigation aux associations d’irrigants régulièrement constituées.
Interventions à moyen et long terme

Les actions à moyen et long terme portent sur la réhabilitation et l’aménagement des périmètres irrigués, notamment dans les départements du Nord, du Nord-est, de l’Artibonite, du Centre et du Sud, ce qui implique : 1) un investissement dans les infrastructures physiques (y compris la réhabilitation et la construction des périmètres irrigués, la réhabilitation des pistes agricoles et l’aménagement des bassins versants) ; 2) la mise en place et le renforcement des associations d’irrigants, notamment en matière d’opération et de maintenance des périmètres, de collecte et d’utilisation de la redevance d’irrigation ; 3) le renforcement des appuis à l’intensification des productions végétales pour l’augmentation de la productivité et des revenus agricoles ; 4) le renforcement institutionnel comprenant l’appui au service météorologique et hydrologique, la formation adéquate des prestataires publics et privés en matière de gestion de l’eau et des aménagements hydro-agricoles ; et 5) un programme de sécurisation foncière (voir point C2).
1.13 Les interventions proposées pour la relance du secteur de l’irrigation se développeront suivant une approche intégrée amont-aval, dans le cadre d’un plan d’aménagement de bassins versants et selon une stratégie prenant en compte à la fois l’infrastructure physique, l’aspect social et institutionnel, les aspects de mise en valeur et fonciers et la rentabilité des infrastructures. A cet égard, on privilégiera des synergies avec les projets déjà en cours qui incluent dans leurs activités l’élaboration d’un plan d’aménagement de bassin versant ou des interventions à l’amont des périmètres irrigués.