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Ministère de l’Agriculture - LES EFFETS DU SÉISME SUR L’AGRICULTURE : 2 ANS APRES
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LES EFFETS DU SÉISME SUR L’AGRICULTURE : 2 ANS APRES

Par Agropresse

Quelques mois après le séisme du 12 janvier 2010, un rapport publié par le Gouvernement haïtien dresse un bilan des effets du séisme sur l’agriculture et des actions prises par le Gouvernement.

Après avoir décrit les dommages subis par les infrastructures en milieu urbain et périurbain des zones environnant l’épicentre du tremblement de terre, le rapport constate toutefois que l’impact le plus important sur le secteur de l’agriculture est dû à des effets indirects, notamment ceux engendrés par le déplacement massif de populations urbaines vers le milieu rural.

Les actions gouvernementales ont donc été prises en conséquence et la réponse urgente aux dommages causés par le séisme a eu en définitive un impact positif sur l’agriculture national.

A. Impacts directs

Les infrastructures en milieu urbain et périurbain des zones environnant l’épicentre du tremblement de terre du 12 janvier 2010 ont subi quelques dégâts importants. Des canaux d’irrigation, des centres de stockage et de transformation en dur ont été massivement endommagés dans les plaines autour de Gressier, Léogâne, Petit Goâve et Grand Goâve et dans les régions montagneuses de Bainet, La Vallée, Côte-de-Fer, Jacmel, Cayes-Jacmel et Marigot. Une douzaine de systèmes d’irrigation desservant 3.500 hectares dans les départements de l’Ouest, du Sud-est et des Nippes ont subi des dommages au niveau des ouvrages de prises et du réseau de canaux d’irrigation. Des dégâts sont aussi enregistrés au niveau du bâtiment administratif logeant l’usine sucrière de Darbone et à celui des bâtiments administratifs et techniques du Ministère de l’agriculture. La totalité des dommages et des pertes recensées est évaluée à 31.275.750 USD. De ce montant, 26.275.750 USD correspondent à la valeur des biens physiques détruits qui devront être reconstruits.

B. Impacts indirects

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a eu pour conséquence immédiate de provoquer un exode de population de la zone urbaine de Port au Prince estimé à environ 600,000 personnes, de nombreuses familles migrantes s’étant déplacées en zone rurale vers leurs villages d’origine (voir tableau 3). Il en a résulté que de nombreuses familles d’accueil déjà très appauvries et vulnérables à l’insécurité alimentaire ont dû assumer une charge supplémentaire en recevant des familles déplacées totalement démunies. Un peu plus d’un mois après le désastre on estimait que, dans les Départements de l’Ouest, du Sud et du Nord, le nombre moyen de personnes par foyer en zone rurale était passé à plus de 10 personnes par foyer au lieu de 5 à 6 personnes avant le tremblement de terre.

Ainsi, bien qu’il puisse ne pas être considéré comme l’un des secteurs les plus directement touchés par le tremblement de terre, le secteur agricole jouera un rôle clef tant pour le maintien de la sécurité alimentaire que pour le redressement économique et la stabilité sociale du pays. Cela a impliqué donc la nécessité impérative d’apporter au secteur agricole tout le soutien nécessaire, tant sur le court terme au travers d’interventions d’urgence qui permettront de répondre aux besoins alimentaires immédiats, qu’à moyen et à plus long terme afin de relancer, moderniser, et redynamiser un secteur agricole essentiel à l’économie et l’équilibre social du Pays.

Les grands objectifs à atteindre :

LES ACTIONS MENEES DANS LE SECTEUR

Les lignes, qui suivent, résument les actions menées tant par le Ministère de l’Agriculture que par d’autres partenaires ainsi que les résultats correspondants enregistrés jusqu’ à 2011. Selon les informations communiquées à AGROPESSE, On constate que la réponse urgente aux dommages causés par le séisme a eu en définitive un impact national sur le secteur de l’agriculture.

Ici le Rapport signale que la construction rapide des nouveaux bâtiments administratifs et techniques du Bureau central de Damiens a facilité la reprise des activités du Ministère de l’Agriculture.

Construction et / ou réhabilitation d’infrastructures rurales

Un système d’irrigation à Marigot , un siphon à Belle Roche dans le Sud-est, ont été construits, favorisant la mise sous culture de 225 hectares de terre ; 28 kms de canaux principaux construits dans le Haut Artibonite et le Sud-Est ; 812 kms de routes secondaires réhabilités dans les départements du Sud-Est, de l’Ouest et de la Grande Anse ; 184 kms de canaux d’irrigation curés ; 10 citernes de 12m³, 16 réservoirs de 450 gallons, 30 impluviums construits , 120 puits domestiques réhabilités dans l’Ouest ; 5 kms de berges de rivières consolidés dans l’Ouest ; trois stations hydrologiques dans l’Artibonite équipés et mis en fonctionnement en vue de diminuer les risques aux catastrophes naturelles et protéger les vies ; Les différentes interventions dans le domaine de la réhabilitation et /ou construction de systèmes d’irrigation ont permis l’arrosage d’environ 12.000 has de terre à travers les dix départements géographiques du pays.

Appui au renforcement des associations des usagers de l’eau Le programme d’Intensification Agricole (PIA) a mis l’accent sur la gouvernance et le leadership des associations des irrigants devant assurer la gestion des systèmes d’irrigation. Dans la vallée de l’Artibonite, le Conseil d’Administration de la Fédération des Associations des Irrigants a été renouvelé, (FASSIVAL). Le PIA a assuré le suivi de l’application des outils de fonctionnement auprès de 12 associations membres de la FASSIVAL ; des visites d’échanges dans les périmètres irrigués de Dubreuil, d’Avezac, de l’ Arcahaie, de Petit-Carénage, de la Verdure et de Saint-Raphaël ont été réalisées au profit de 302 planteurs, membres de huit(8) associations d’irrigants constituées lors de la deuxième phase du programme ; en résumé, l’organisation des groupements d’usagers de l’eau a été consolidée sur une aire de 5400 ha.

Protection des sols

11.351 has de terre ont été traités par la mise en place de structures mécaniques et biologiques ; 124 kms de ravines ont été traités ; environ 2.523.421 plantules d’essences fruitières et forestières sont actuellement produites dans plusieurs pépinières réparties dans plusieurs départements et distribuées à des planteurs individuels et à des institutions diverses engagées dans le domaine de l’aménagement aux fins de plantation ; principalement dans les départements du Nord, du Nord-est, de l’Ouest, de la Grande Anse, du Nord-est, du Nord-Ouest, du Sud.

La filière bambou a retenu l’attention du Ministère dans le sens de la conduite de multiples actions de promotion dans les zones de Marmelade, de Macary et de Furcy qui se sont soldées par la production de 120.000 plantules de bambou utilisées pour la stabilisation des ravines. Par ailleurs la vente de meubles et d’articles en bambou a rapporté un chiffre d’affaire de 3.300.000.00 gourdes.

Appui à la pêche maritime

Le MARNDR a travaillé en faveur de l’amélioration de la situation économique et sociale des pêcheurs par un renforcement des capacités de pêche à travers un projet appuyé par la Coopération Espagnole dans le Sud-est avec un financement de 2.000.000.00 d’euros. Ce projet a consisté dans la mise en place de l’Union Communale pour assurer la gestion de centres de pêche, l’entretien de moteurs, la formation en utilisation de GPS, le montage et pose de Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) et leur entretien.

Des matériels de pêche dont trente-huit (38) moteurs hors-bord de 15 Hp, 38 embarcations, quatre (4) congélateurs solaires ont été distribués aux associations de pêcheurs et trois (3) centres de pêche ont été de plus construits.

Développement de l’Aquaculture

Pour ce qui concerne l’aquaculture, toujours dans le Sud-est, à travers le projet de la Coopération Espagnole au montant de 200.000.00 euros, le MARNDR a organisé des sessions de formation pour appuyer et renforcer les organisations de base sur la construction de barrages, la fertilisation et l’ensemencement des étangs, l’acquisition de matériels et d’équipements de pêche.

Dans les DDA du Sud et du Nord Est le MARNDR a ensemencé, plus d’une soixantaine de bassins piscicoles avec 118.000 alevins de Tilapia rose et 21.300 carpes, réalisé des sessions de formation pratique pour les associations de jeunes, et distribué des matériels et intrants tels que : hameçons, filets de pêche, lignes, barques aux pêcheurs.

Dans la DDANE, le projet FAO-SAGE a innové l´élevage de poisson en cages, où 40 cages ont été installées. Il faut souligner que chaque cage contient 2500 alevins.

Autres filières de la production animale

Distribution de 35 unités caprines, de l’aliment pour volailles et des volailles rustiques dans les dix DDA ; la réhabilitation de la station apicole de Damien et le renforcement de la station avicole ; l’appui au développement laitier par l’achèvement de la construction des laiteries de Damien, Camp Perrin, Mirebalais, Gressier, Lakou Badio et Ouanaminthe.

Renforcement de la Santé animale Pour ce qui a trait à la santé animale, l’appui du Ministère et de ses partenaires a permis la vaccination de 1,407,126 têtes d’animaux, dont 524,824 bovins, caprins, ovins, contre le charbon bactéridien ; 427,133 têtes de volailles contre la New Castle ; et 455,169 têtes de porcs contre la Peste Porcine Classique.

On signale aussi l’installation et la réparation d’une chambre froide, l’acquisition et la distribution dans 36 communes de réfrigérateurs à énergie solaire, de 500.000 doses de vaccin Newcastle, de 800.000 doses de vaccin PPC, de 500.000 doses de vaccin de charbon.

Ces actions ont favorisé le maintien sous contrôle de la santé du cheptel et permis de réduire la propagation de certaines maladies nuisibles au développement de ce sous-secteur.

De plus, 695 agents vétérinaires ont bouclé leur cycle de formation, ce qui renforcera les Groupes Santé Bèt (GSB) afin d’offrir une meilleure performance dans l’exécution de leurs tâches au niveau du terrain.

L’étude taxonomique des oiseaux susceptibles d’héberger le virus de l’Influenza aviaire a été conduite. La construction de deux postes de contrôle frontalier et deux postes de contrôle de mouvement interne ont été réalisées.

Les filières de la production végétale

La filière mangue francisque a particulièrement retenu l’attention du Ministère et de ses partenaires qui, au cours de cet exercice, y a injecté 20.000.000 Gourdes, lesquelles ont permis la réalisation d’importants travaux pour contrôler la mouche des fruits. Entre autres actions, on cite la mise en place d’un dispositif de piégeage dans cinq (5) grandes zones de production de mangue francisque, avec 4.276 pièges installés sur un total de 6000, engendrant comme résultat la capture de cent mille (100,000) mouches des fruits.

La production fruitière n’a pas été négligée. En effet, le Ministère a assuré la promotion et l’extension de vergers de façon à faciliter les travaux d’entretien et la lutte antiparasitaire. Des séminaires de formation ont été réalisés au bénéfice de bon nombre de fruiticulteurs. Plus de 1.500.000 plantules de fruits divers ont été mises en terre

Les fonds mis à la disposition de l’Institut National du Café Haïtien (INCAH) sur le budget d’investissement du Ministère, soit 14.000.000 Gourdes, lui ont permis d’apporter son appui à la production de 700.000 plantules de caféier, à l’établissement de 400 has de nouvelles plantations caféières.

Relativement à la filière canne à sucre, l’usine sucrière de Darbonne a créé 1.800 emplois, reçu et broyé 40.580 Tonnes métriques de canne, produit 14.174 sacs de sucre, 20.153 drums de sirop, réalisé des travaux de préparation de sol sur 125,39 hectares et réparé 80 kilomètres de pistes de desserte.

Au niveau de la filière oignon, le MARNDR a œuvré au niveau de la réduction des pertes post-récolte, de la formation de 593 planteurs sur les nouvelles techniques de plantation de la culture, et de l’augmentation sensible du rendement par unité de surface.

D’autres cultures maraichères ont retenu particulièrement l’attention par la production de compost, l’encadrement technique des agriculteurs et la distribution de semences améliorées.

La filière des céréales, maïs, sorgho, a été prise en compte surtout au niveau de bon nombre de projets de développement œuvrant dans la sécurité alimentaire par la distribution de semences améliorées et d’autres intrants agricoles. Près de 426,5 tonnes métriques de semences vivrières dont 300 TM de maïs ont été vendues aux planteurs à prix subventionné.

Les filières Pois Congo et Pois Inconnu ont reçu également l’appui du Ministère. Plus d’une cinquantaine de Tonnes Métriques de semences a été distribuée. Des parcelles de démonstration ont été établies dans le but d’assurer la promotion de ces filières jouant un rôle assez important au niveau de la sécurité alimentaire.

La patate, culture de grande importance, a fait l’objet d’une attention particulière en mettant l’emphase sur la lutte contre le charançon par la formation et la sensibilisation de plus de 4.000 planteurs, la vulgarisation de paquets techniques éprouvés à travers de nouvelles zones de production du pays, la vente de boutures traitées et de pesticides à prix subventionné, la mise en place de parcelles de démonstration et d’accompagnement, l’élimination des contraintes qui freinent l’augmentation rapide et durable de la production de cette denrée, la production et la distribution de matériels didactiques.

Ces actions, conduites sur plus de 3.500 ha au niveau de 36 communes de la République, ont permis un accroissement de 400% du rendement de la patate douce passant de 4TM à 16 TM par hectare sur les parcelles traitées. Il est encourageant de noter, qu’un total de 56.000 TM de patate indemne de cylas formicarius a été produit sur les parcelles traitées.

Dans ses rapports le Ministère explique avoir apporté son appui aux filières banane, igname, haricot en y investissant 47.500.000 Gourdes, par la remise en état des plantations, par la subvention d’intrants et par la formation.

Distribution de fertilisants chimiques

En ce qui a trait à la, on précise la vente, à prix subventionné, à 800.000 planteurs, de vingt huit mille Tonnes Métriques (28.000 TM) d’engrais chimiques, tout type confondu, laquelle a permis d’emblaver environ 100.000 hectares de terre en cultures diverses et entrainé une nette augmentation des rendements de l’ordre de 55% pour les céréales et de 50% pour les légumineuses et les tubercules dans les zones ayant bénéficié de l’utilisation des fertilisants.

Programme de création d’emplois

De plus, pour permettre de répondre aux besoins urgents d’insertion des populations déplacées, un vaste programme de création d’emploi pour l’amélioration de la sécurité alimentaire a été exécuté dans les 10 départements.

Ce programme a priorisé des projets :

4. EFFETS MACRO-ECONOMIQUES DES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE SECTEUR AGRICOLE

La valeur ajoutée de la branche agriculture a enregistré en 2010 une légère augmentation de 0.04 % contre une croissance positive de 5 % en 2009. Néanmoins, compte tenu de son poids relativement important (25 %) dans la formation du PIB, la faible progression de cette branche a toutefois amenuisé la tendance négative observée dans les autres secteurs d’activités.

En 2011, selon les dernières estimations du Ministère de l’Agriculture communiquées à AGROPESSE, le Secteur Agricole dont on redoutait une chute a pu se rattraper, générant ainsi une légère hausse de 1.1% de sa valeur ajoutée à prix constant.